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Les feux de forêt dans le Var : dix ans de faits

Ce que la presse et les services de l'État ont rapporté des grands incendies du département depuis 2016, et ce que chaque épisode apprend sur l'exposition des maisons.

Cette page n'est pas un commentaire de l'actualité. C'est un relevé : ce qui s'est passé, où, quand, avec quelles conséquences pour les habitations. Nous la tenons à jour à chaque fin de saison. Elle existe parce qu'un propriétaire qui s'interroge sur la protection de sa maison a besoin de faits, pas d'arguments — et les faits qui suivent ne sont pas les nôtres.

Le contexte de l'été 2026

71 610 hectares ont brûlé en France depuis le 1er mai 2026, soit une hausse de 315 % par rapport à la même période de 2025. Dans le Var seul : 6 269 hectares sur 26 foyers.

Chiffres issus de la détection satellite et non de relevés de terrain ; ils sont donnés comme ordres de grandeur.

Deux départements concentrent l’essentiel de la saison. La Gironde, avec 37 626 hectares, en représente à elle seule plus de la moitié — le plus grand feu de forêt qu’ait connu la France depuis 1949. Le Var vient ensuite avec ses 6 269 hectares, devant les Landes et leurs 5 522 hectares. À titre de comparaison, les Bouches-du-Rhône s’en tiennent à 291 hectares sur 8 foyers.

Ces chiffres situent l’ampleur du phénomène, pas le risque d’une maison en particulier. La pinède landaise et le maquis méditerranéen ne brûlent pas de la même façon : densité du sous-bois, vitesse de propagation, rôle du relief et des vents locaux diffèrent trop pour que l’un renseigne sur l’autre. Ce qui suit ne concerne que les massifs varois.

Juillet – août 2026 : le massif du Gros Bessillon

Pontevès, Barjols, Correns, Cotignac, Carcès, Montfort-sur-Argens, Châteauvert, Varages, Brue-Auriac, Fox-Amphoux, Le Val.

Le feu part de Pontevès le 21 juillet 2026. Au soir du 25, la préfecture annonce 4 000 hectares parcourus et 3 000 personnes évacuées, dont 2 000 ne peuvent toujours pas rentrer chez elles ; un millier de sapeurs-pompiers, 265 véhicules, quatre hélicoptères bombardiers d'eau et 110 gendarmes sont engagés. Le 29 juillet, le bilan atteint environ 4 500 hectares en huit jours et le feu est déclaré fixé.

Il reprend début août. Il ne sera officiellement éteint que le 19 août, après un mois de lutte — une durée sans précédent dans l'histoire du département. Le bilan final s'établit à 6 300 hectares parcourus, dont 5 700 brûlés, environ 6 000 personnes évacuées et des dizaines d'habitations endommagées ou détruites. À Correns, la moitié de la surface communale a brûlé. Onze mille sapeurs-pompiers, venus de France et d'Europe, se sont relayés.

Ce que cet épisode montre. Un feu déclaré fixé n'est pas un feu terminé. Celui-ci est reparti après avoir été maîtrisé, et les zones évacuées sont restées interdites plusieurs jours d'affilée. Pendant tout ce temps, les maisons sont vides : personne pour arroser une toiture ou surveiller une reprise.

Sources : Var Actu, 25 juillet 2026 — Var-information, 29 juillet 2026 — ici et Europe 1, 19 août 2026 — points de situation de la préfecture du Var.

Août 2021 : Gonfaron et le massif des Maures

Gonfaron, La Garde-Freinet, Le Luc, Vidauban, Les Mayons, Le Cannet-des-Maures, La Môle, Grimaud, Cogolin.

Le feu part de Gonfaron le 16 août 2021 en fin d'après-midi et n'est déclaré éteint que le 26. Il parcourt 8 100 hectares, dont 6 832 de forêts, vignes et garrigues détruits sur neuf communes. Le bilan humain est lourd : deux morts, 26 blessés, 10 000 personnes évacuées. Six maisons sont détruites au hameau du Val de Gily et un camping entièrement ravagé. Mille deux cents pompiers, douze Canadairs et cinq avions Dash sont engagés au plus fort.

Les sapeurs-pompiers l'ont qualifié de feu le plus complexe de ces dernières années. Deux chiffres en disent la raison : une vitesse de propagation de 4,1 km/h, et des sauts de feu dépassant 1,5 kilomètre.

Ce que cet épisode montre. Ces sauts de feu sont des brandons — des fragments incandescents portés par le vent, qui franchissent plus d'un kilomètre et se déposent bien au-delà du front de flammes. Aucune distance de débroussaillement ne les arrête. Et à 4 km/h sur neuf communes, un propriétaire n'a pas le temps d'agir sur son bâti : il a le temps de partir. La seule protection qui compte est celle qui était déjà en place avant le départ de feu.

Sources : Fréquence Sud, août 2021 — synthèse des bilans officiels consolidés.

Juillet 2017 : Bormes-les-Mimosas, La Croix-Valmer, Artigues

Bormes-les-Mimosas, La Londe-les-Maures, La Croix-Valmer, Ramatuelle, Artigues, Seillons-Source-d'Argens.

Trois foyers embrasent le département en pleine saison estivale, pour environ 3 000 hectares au total. À Bormes-les-Mimosas, 800 hectares brûlent, 10 000 personnes sont évacuées dans la nuit, 560 pompiers sont engagés et deux habitations sont détruites. Sur le golfe de Saint-Tropez, entre La Croix-Valmer et Ramatuelle, 500 hectares de forêt partent et deux villas sont touchées ; un sapeur-pompier est brûlé au second degré. À Artigues et Seillons-Source-d'Argens, le foyer le plus étendu parcourt 1 600 à 1 700 hectares avec 600 pompiers mobilisés — et toutes les habitations sont sauvées.

Ce que cet épisode montre. Sur le plus grand des trois foyers, toutes les maisons ont tenu. Sur le plus petit, deux villas ont été touchées. La surface brûlée ne dit rien du sort d'une habitation : ce qui se joue se joue maison par maison, sur quelques mètres et quelques détails de construction.

Sources : Prévention Incendie Forêt, juillet 2017 — ici (ex-France Bleu), juillet 2017.

Ce qui revient d'un épisode à l'autre

Trois épisodes majeurs en dix ans, espacés de quatre ans, sur les mêmes massifs. À chaque fois des évacuations par milliers, et à chaque fois le même moment : celui où les habitants partent et où les maisons restent seules.

Ce que ces récits ne disent pas, parce que ce n'est pas leur sujet, c'est par où le feu prend une maison. Nos pages de fond le détaillent : les points faibles du bâti et l'ordre dans lequel les traiter, ce que le débroussaillement obligatoire couvre, ce que le classement de votre terrain change, et ce que valent les différentes solutions de protection.

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L'étude est gratuite et se fait sur place. Elle aboutit parfois à un avis négatif : toutes les configurations ne s'y prêtent pas, et nous le disons.

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Les articles cités restent la propriété de leurs auteurs et de leurs éditeurs. Nous n'en reproduisons aucun extrait : chaque résumé est une reformulation des faits rapportés. Les citer ne vaut ni partenariat ni approbation de leur part. Les surfaces et les bilans humains sont ceux publiés à la date indiquée ; ils sont souvent révisés dans les jours qui suivent un événement.